La prime CEE pour un déstratificateur en 2026
Financé par les CEE, un déstratificateur relève de deux fiches selon le bâtiment : BAT-TH-142 en tertiaire, IND-BA-110 en industrie. Les deux portent le même intitulé officiel — « système de déstratification d’air » — et un texte quasi identique. Leurs forfaits, en revanche, varient du simple au double.
C’est souvent la première opération d’un plan pluriannuel : ticket modeste, pose rapide, aucun arrêt d’exploitation. Encore faut-il que le local entre dans le champ, ce qui est moins fréquent qu’il n’y paraît.
Ce que couvre l’opération
Les fiches financent un système qui homogénéise la température d’un local. Il redistribue vers le sol la chaleur accumulée près du plafond, sans apport de chaleur propre, et il fonctionne indépendamment du système de chauffage.

Le local doit présenter une grande hauteur, rester complètement clos et recevoir un chauffage convectif ou radiatif. Les fiches admettent deux technologies. La déstratification par écoulement vertical aspire l’air en partie haute et le souffle vers le sol. Celle par écoulement horizontal reprend les couches d’air sur toute la hauteur du local.
Les brasseurs d’air plafonniers ne sont pas éligibles. Les deux fiches l’écrivent explicitement. C’est la confusion la plus fréquente du sujet : un brasseur plafonnier mélange le volume, il ne capte pas la couche chaude en partie haute pour la renvoyer au sol. La distinction est fonctionnelle, pas commerciale — et un devis qui propose un « brasseur HVLS » au titre de ces fiches conduit à un rejet.
Les fiches CEE mobilisables
Les exclusions qui surprennent
Quatre catégories de locaux sortent du champ, et ce sont précisément celles auxquelles on pense en premier lieu.
- Les entrepôts logistiques.
- Les réserves.
- Les entrepôts, qu’ils soient frigorifiques ou non.
- Les locaux de stockage.
S’y ajoute une exclusion par la température : les locaux dont la consigne de chauffage en occupation descend sous 15 °C ne sont pas éligibles. Un atelier maintenu hors gel ou un hall de stockage tempéré en sont donc écartés.
La logique est cohérente. Le dispositif finance l’homogénéisation d’un local occupé et chauffé pour le confort, pas la réduction d’une déperdition dans un volume inoccupé.
Restent donc les ateliers de production, les salles de sport, les halls d’exposition, les showrooms et les surfaces de vente de grande hauteur.
Ce qui fait varier le montant de la prime
Trois paramètres, et le premier surprend souvent.
Le secteur. À puissance et zone identiques, la fiche industrie verse près du double de la fiche tertiaire : 7 200 kWh cumac par kilowatt en zone H1 pour un système convectif, contre 3 900 en tertiaire. Un même équipement dans un même local ne vaut pas le même montant selon que le bâtiment est déclaré industriel ou tertiaire.
Le mode de chauffage du local. L’écart est considérable et joue en sens inverse de l’intuition. Un local chauffé par système convectif — aérothermes, centrale de traitement d’air, rooftop — rapporte près de trois fois plus qu’un local chauffé par système radiatif. En tertiaire zone H1 : 3 900 kWh cumac par kilowatt contre 1 400.
La zone climatique, dont l’effet s’inverse par rapport aux autres opérations de chauffage. Le forfait augmente du nord vers le sud : 3 900 kWh cumac par kilowatt en zone H1, 4 500 en zone H2, 4 600 en zone H3 pour le tertiaire convectif. Là où une pompe à chaleur vaut deux fois moins en zone méditerranéenne, un déstratificateur y vaut davantage.
Ces trois paramètres se combinent en douze forfaits distincts : deux fiches, deux modes de chauffage, trois zones. L’écart entre le plus faible et le plus élevé dépasse le facteur six.
Le calcul retient enfin le kilowatt de puissance nominale du système de chauffage du local, et non le mètre carré. Un vaste local faiblement chauffé rapporte donc peu. Le détail du calcul figure sur la page calcul de la prime.
Les conditions à respecter
Quatre exigences encadrent l’opération : trois portent sur l’installation, la dernière sur l’installateur.
La hauteur minimale. Le local doit présenter au moins cinq mètres de hauteur sous plafond ou de hauteur sous faîtage pour la fiche tertiaire. En dessous, la stratification thermique reste trop faible pour que l’opération produise un gain mesurable.
La maîtrise du flux d’air. En écoulement vertical, l’aspiration s’effectue au plus au cinquième supérieur de la hauteur, et la vitesse d’air ne dépasse pas 0,2 m/s à un mètre du sol. Un système qui souffle plus fort crée une gêne au poste de travail et sort des conditions.
Le bruit, en tertiaire seulement. BAT-TH-142 impose un niveau sonore au sol strictement inférieur à 45 dB(A). IND-BA-110 ne fixe, lui, aucun seuil de bruit.
L’assurance de l’installateur. Le professionnel doit disposer d’une couverture de responsabilité décennale appliquée aux travaux d’électricité. C’est une exigence propre à ces fiches, et elle se vérifie avant la signature du devis.
Le système reprend par ailleurs une mesure de température de l’air entre le déstratificateur et le plafond, à laquelle il s’asservit. Un appareil piloté par simple horloge ne remplit pas la condition.
Les conditions communes à tous les bénéficiaires figurent sur la page qui peut bénéficier des CEE, et le rôle de chaque acteur sur la page obligés CEE.
Le déstratificateur par secteur
Le tertiaire relève de BAT-TH-142 : salles de sport, halls d’exposition, ateliers de maintenance, surfaces de vente de grande hauteur. L’ensemble des opérations mobilisables sur ce parc figure sur la page CEE tertiaire.
L’industrie relève d’IND-BA-110, avec des forfaits nettement supérieurs. Les opérations finançables sur un site industriel sont listées sur la page CEE industrie.
Les collectivités mobilisent la fiche tertiaire sur leurs gymnases et salles polyvalentes. Le sujet est traité sur la page CEE collectivités.
Il n’existe pas de fiche agricole. Aucune fiche AGRI ne couvre la déstratification, malgré une demande réelle sur les bâtiments d’élevage. Un éleveur qui équipe son bâtiment ne touchera aucune prime à ce titre — c’est une absence du catalogue, pas un oubli de notre part.
Quand l’opération se justifie
Le déstratificateur se justifie quand trois conditions se rencontrent : un local haut, un chauffage puissant, et une occupation réelle au sol.
Le premier critère est physique. Sous cinq mètres, la couche chaude accumulée en partie haute reste trop mince pour qu’il y ait quoi que ce soit à récupérer. Au-delà de huit mètres, l’écart de température entre le sol et le faîtage dépasse couramment dix degrés, et c’est là que l’opération produit le plus.
Le deuxième est économique. La prime se calcule au kilowatt de chauffage installé : un local haut mais peu chauffé rapporte peu, alors même que sa stratification est forte. Le couple hauteur-puissance décide, pas la surface.
Le troisième est fonctionnel. Un local dont la consigne descend sous 15 °C en occupation est exclu, et un local inoccupé n’a pas de raison d’être homogénéisé. L’opération vise le confort d’un poste de travail, pas la conservation d’un stock.
Ce que l’opération ne remplace pas
Un déstratificateur ne réduit pas les déperditions du bâtiment : il redistribue la chaleur déjà produite. Sur un local mal isolé, il améliore le confort au sol sans corriger la cause. C’est pourquoi il se combine bien avec une reprise d’enveloppe ou de production, opérations listées sur la page solutions CEE.
Il ne remplace pas non plus une régulation. Un local déstratifié mais piloté par une simple horloge continue de chauffer quand personne n’y travaille. Les repères communs à toutes les opérations figurent sur la page tarifs et aides.
Sources
Les conditions, les exclusions et les forfaits proviennent des fiches BAT-TH-142 et IND-BA-110, version A71-4 applicable depuis le 1ᵉʳ août 2025, publiées par le ministère chargé de l’énergie. Le statut des fiches est vérifié contre notre référentiel, corrigé par les arrêtés parus au Journal officiel et consultables sur Légifrance.