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Déstratificateur en gymnase : ce qui décide de l’éligibilité

Un déstratificateur installé dans un gymnase relève de BAT-TH-142, la fiche tertiaire. Sur le papier, le gymnase est le local idéal : haut, clos, chauffé, occupé par intermittence, avec une charpente qui accumule la chaleur pendant que le sol reste froid.

Une seule condition sépare le projet finançable du projet exclu, et ce n’est pas la hauteur. C’est la consigne de chauffage de l’aire de jeux.

15 °Cde consigne en occupation, la condition qui décide
5 mde hauteur sous plafond ou sous faîtage
45 dB(A)au sol, exigence propre à la fiche tertiaire
4 600kWh cumac par kW, forfait convectif en zone H3

Pourquoi le gymnase s’y prête techniquement

L’écart de température entre le sol et la charpente d’un gymnase dépasse couramment dix degrés, et c’est le plus fort de tout le parc communal.

Gymnase municipal vide avec des déstratificateurs suspendus sous la charpente.

Trois raisons se cumulent. Le volume est haut, souvent de sept à douze mètres sous faîtage. Le chauffage souffle ou rayonne depuis la partie haute. Et l’occupation se concentre au sol, là où la chaleur n’arrive pas.

Le résultat est connu de tous les agents techniques. La sonde de régulation, placée en hauteur, lit une température satisfaisante pendant que les pratiquants ont froid aux pieds. Le réflexe consiste alors à monter la consigne, ce qui accentue la stratification au lieu de la corriger.

Le déstratificateur agit précisément là : il ramène vers le sol la chaleur déjà payée, sans produire de chaleur supplémentaire.

Un effet secondaire compte autant que l’économie sur un équipement sportif. En homogénéisant la température, le système supprime l’écart entre la lecture de la sonde et le ressenti au sol, ce qui met fin aux réclamations d’usagers qui poussent à monter la consigne.

La condition qui décide : la consigne de 15 °C

C’est le point à vérifier avant tout, et il écarte une part importante des gymnases.

La fiche exclut les locaux dont la consigne de chauffage en occupation descend strictement sous 15 °C. Or l’usage, en salle de sport, situe la consigne de température de l’aire de jeux entre 14 et 16 °C. L’activité physique compense la température basse, et les gestionnaires règlent en conséquence.

Un gymnase réglé à 14 °C sort donc du champ de la fiche, malgré une stratification forte et un gain réel. Un gymnase réglé à 16 °C y entre.

La vérification se fait sur la régulation, pas sur le cahier des charges d’origine. Les consignes réelles ont souvent dérivé au fil des réclamations d’usagers, dans un sens comme dans l’autre.

Ce que cela implique pour un parc communal

Le recensement précède l’étude, et il tient en deux colonnes par équipement sportif : la hauteur sous faîtage et la consigne relevée en occupation.

Cet inventaire écarte d’emblée les équipements non éligibles. Il évite surtout de commander une note de dimensionnement — la dépense d’étude préalable — sur un bâtiment qui ne passera pas.

Une remarque d’honnêteté s’impose ici : relever la consigne à 15 °C pour rendre un gymnase éligible n’a aucun sens économique. La dépense de chauffage supplémentaire dépasserait la prime en deux ou trois saisons. La condition se constate, elle ne se fabrique pas.

Les autres conditions de la fiche

Elles sont celles du tertiaire, et un gymnase les remplit en général sans difficulté.

  • Cinq mètres au moins de hauteur sous plafond ou sous faîtage.
  • Un local complètement clos, chauffé par un système convectif ou radiatif.
  • Un système asservi à une mesure de température prise en partie haute.
  • Un niveau sonore au sol strictement inférieur à 45 dB(A), du fait du seul fonctionnement.
  • Un installateur couvert par une assurance décennale appliquée aux travaux d’électricité.

Le seuil de bruit mérite une attention en salle de sport, où l’acoustique est déjà difficile. Le dossier complet des pièces et la note de dimensionnement exigée figurent sur la page éligibilité BAT-TH-142.

Le mode de chauffage pèse sur le montant

C’est le second paramètre propre au secteur, et il joue contre les gymnases.

Le panneau radiant et le tube radiant sont très répandus en salle de sport, parce qu’ils chauffent les personnes plutôt que le volume. La fiche les classe en radiatif, dont le forfait vaut moins du tiers du convectif.

Trois exemples situent les ordres de grandeur. Les volumes se déduisent des forfaits de la fiche, exprimés en kWh cumac par kilowatt de puissance nominale ; les euros dépendent du prix négocié du certificat.

Gymnase, zone H3, chauffage convectif de 80 kW. Le calcul donne 4 600 × 80, soit 368 MWh cumac, de l’ordre de 1 800 à 3 300 €.

Le même gymnase en zone H1. Le forfait convectif descend à 3 900, soit 312 MWh cumac et 1 500 à 2 800 €. La zone climatique joue donc à l’inverse des autres opérations de chauffage : cette fiche donne davantage au sud qu’au nord.

Salle polyvalente, zone H1, tubes radiants de 80 kW. Le calcul donne 1 400 × 80, soit 112 MWh cumac, de l’ordre de 560 à 1 000 €. La prime couvre alors une faible part de la dépense.

Un équipement chauffé à la fois en convectif et en radiatif cumule les deux calculs. Le détail des douze forfaits figure sur la page prix d’un déstratificateur.

Les contraintes propres à la commande publique

Trois points n’existent pas dans le privé, et ils décident du calendrier.

  1. L’antériorité de l’accord de l’obligé, qui doit précéder la signature du devis ou du marché, donc se négocier pendant la consultation.
  2. La fenêtre d’intervention, hors saison sportive, qui concentre les chantiers sur l’été et sature les entreprises.
  3. Le portage de la compétence : lorsqu’un établissement public intercommunal gère l’équipement, c’est lui qui engage la dépense et devient bénéficiaire.

La trésorerie suit la même logique que les autres opérations : la prime arrive après la facture, en recette d’investissement. Elle rembourse le chantier, elle ne le finance pas. Le mécanisme est détaillé sur la page calcul de la prime.

Où le déstratificateur se place dans un plan communal

C’est une opération de démarrage, pas une opération structurante. Le ticket est modeste, la pose tient quelques jours, et le résultat se constate dès la première saison de chauffe.

Elle ne remplace ni une reprise d’enveloppe, ni une régulation. Un gymnase déstratifié mais chauffé en permanence continue de gaspiller pendant les heures creuses.

L’ordre qui fonctionne sur un équipement sportif place donc la programmation horaire avant la déstratification, quand les deux restent à faire. Un gymnase occupé quinze heures par semaine gagne davantage à ne plus chauffer les cent cinquante-trois autres qu’à mieux répartir la chaleur pendant les créneaux.

L’ensemble des opérations mobilisables par une commune figure sur la page CEE collectivités, et le cumul avec les subventions publiques sur la page aides cumulables.

Passer à l’étude

Trois données décident, et un agent technique les relève en une visite.

  • La hauteur sous faîtage du local, mesurée et non estimée.
  • La consigne affichée sur la régulation en période d’occupation.
  • La nature du chauffage et sa puissance nominale en kilowatts.

Ces trois relevés suffisent à écarter un équipement non éligible avant toute dépense d’étude. Sur un parc de plusieurs gymnases, ils permettent de classer les sites par valeur de prime décroissante et de traiter les mieux dotés en premier.

Le dossier complet de l’opération figure sur la page prime CEE déstratificateur. Les conditions communes à tous les bénéficiaires sont détaillées sur la page qui peut bénéficier des CEE, et le rôle de chaque acteur sur la page obligés CEE. L’ensemble des opérations traitées ici est listé sur la page solutions CEE.

Sources

Les conditions, l’exclusion sous 15 °C de consigne et les forfaits proviennent de la fiche BAT-TH-142, en version A71-4 applicable depuis le 1ᵉʳ août 2025 et publiée par le ministère chargé de l’énergie. La date limite d’engagement des opérations est fixée par arrêté, consultable sur Légifrance.

Les consignes usuelles en salle de sport ne relèvent d’aucun texte du dispositif : la fourchette de 14 à 16 °C citée ici reflète la pratique des gestionnaires d’équipements sportifs. Seule la consigne réellement appliquée compte pour l’éligibilité, et elle se relève sur la régulation de l’équipement.

Déstratificateur : les autres pages du dossier

Autres opérations finançables en collectivités

Questions fréquentes

Un gymnase municipal est-il éligible à la prime déstratificateur ?

Oui, par la fiche BAT-TH-142, à condition que la consigne de chauffage en occupation atteigne au moins 15 °C. Beaucoup de gymnases sont réglés en dessous, ce qui les exclut de la fiche.

Quelle est la consigne minimale exigée ?

Quinze degrés en occupation. Un gymnase réglé à 14 °C sur l'aire de jeux sort du champ de BAT-TH-142, quelle que soit sa hauteur sous faîtage.

Quel montant pour un gymnase ?

En zone H3 avec un chauffage convectif de 80 kW : environ 368 MWh cumac, soit un ordre de grandeur de 1 800 à 3 300 euros. En zone H1 avec un chauffage radiatif de même puissance, le volume tombe à 112 MWh cumac.

Une collectivité dépose-t-elle le même dossier qu'une entreprise ?

Oui. Le dispositif ne distingue pas les bénéficiaires par leur statut : une commune mobilise BAT-TH-142 aux mêmes conditions qu'un exploitant privé de salle de sport.

Le chauffage radiatif d'un gymnase pénalise-t-il la prime ?

Fortement. Les panneaux et tubes radiants, très répandus en salle de sport, donnent un forfait de 1 400 kWh cumac par kilowatt en zone H1 contre 3 900 pour un chauffage convectif.

L'accord de l'obligé doit-il précéder le marché public ?

Oui. L'engagement de l'obligé doit être antérieur à la signature du devis ou du marché, donc négocié pendant la consultation et non après l'attribution.

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Page mise à jour le 25 septembre 2026.