Aller au contenu

Déstratificateur en industrie : la fiche IND-BA-110

Sur un site industriel, un déstratificateur relève d’IND-BA-110, la fiche jumelle du tertiaire BAT-TH-142. Les deux textes se ressemblent presque mot pour mot, mais la version industrielle verse près du double et exige moins de choses.

Ce n’est donc pas la fiche qui complique le projet en industrie. C’est le parc : une bonne partie des bâtiments de production ne franchit pas la barre des 15 °C de consigne.

8 500kWh cumac par kW, forfait convectif en zone H3
×3l'écart entre un système convectif et un radiatif
15 °Cde consigne en occupation, sous ce seuil l'atelier est écarté
2×ce que verse la fiche industrie face à la fiche tertiaire

Pourquoi l’industrie est le meilleur terrain

Le gain de la déstratification croît avec la hauteur et avec la puissance installée, et les deux culminent en bâtiment industriel.

Un hall de montage de dix mètres sous faîtage accumule couramment plus de dix degrés d’écart entre le sol et la charpente. Toute la chaleur payée s’y réfugie, hors d’atteinte des postes de travail.

S’y ajoute une particularité du chauffage industriel. L’aérotherme et le générateur d’air chaud, très répandus en atelier de production, soufflent en hauteur et aggravent la stratification qu’ils créent. Le déstratificateur corrige un défaut du système existant, sans le remplacer.

Le troisième facteur est économique. Les forfaits d’IND-BA-110 doublent ceux du tertiaire, alors que le matériel coûte le même prix. Le taux de couverture de la dépense suit.

La fiche applicable : IND-BA-110

Le secteur d’application est le bâtiment industriel existant. L’opération porte sur un local de grande hauteur complètement clos, chauffé par un système convectif ou radiatif, et le local doit mesurer au moins cinq mètres sous plafond ou sous faîtage.

Les conditions techniques sont celles de la fiche tertiaire. L’aspiration s’effectue au plus au cinquième supérieur de la hauteur en écoulement vertical. La vitesse d’air ne dépasse pas 0,2 m/s à un mètre du sol. Le système s’asservit à une mesure de température prise en partie haute.

L’installateur doit disposer d’une assurance de responsabilité décennale appliquée aux travaux d’électricité. Le dossier complet des pièces figure sur la page éligibilité BAT-TH-142, dont les exigences valent pour les deux fiches.

Trois différences de fond avec la fiche tertiaire

Les écarts entre les deux textes ne sont pas des détails de rédaction. Ils changent le contenu du dossier.

  • La qualification du bureau d’études : OPQIBI 1327 ou 1717, « audit énergétique dans l’industrie » — la qualification 1905 admise en tertiaire ne convient pas ici.
  • Le bruit : la fiche industrielle ne fixe aucun seuil acoustique, là où le tertiaire impose moins de 45 dB(A) au sol.
  • La ventilation mécanique : IND-BA-110 n’exige pas son descriptif dans la note de dimensionnement, et ne reprend pas l’interdiction d’orienter les flux vers les bouches de soufflage.

Un bureau d’études qui reprend un modèle de note tertiaire produit donc un document surchargé, mais recevable. L’inverse ne l’est pas : une note rédigée sous 1717 ne couvre pas un projet tertiaire.

L’exclusion qui écarte la moitié des ateliers

C’est le point à vérifier avant toute étude, et il ne tient pas à la hauteur du bâtiment.

Les locaux dont la consigne de température de chauffage en occupation descend strictement sous 15 °C sont exclus. Un atelier maintenu à 12 °C, un hall de fabrication tempéré hors gel, une zone de conditionnement non chauffée sortent du champ.

S’y ajoutent les quatre catégories exclues par nature, chauffées ou non : entrepôt logistique, réserve, entrepôt frigorifique ou non, local de stockage. La liste est identique à celle de la fiche tertiaire, et elle vise en industrie les zones tampons entre production et expédition.

L’exclusion est cohérente avec l’objet de la fiche. Le dispositif finance l’homogénéisation d’un local occupé et chauffé pour le confort des personnes, pas la limitation d’une déperdition dans un volume de stockage.

Restent l’atelier de production, l’atelier d’usinage, le hall de montage, l’atelier de maintenance et la zone de contrôle qualité — soit les locaux où des opérateurs travaillent à poste fixe.

Configurations types et montants

Trois configurations couvrent l’essentiel des cas réels. Les volumes se déduisent des forfaits de la fiche, en kWh cumac par kilowatt ; les euros dépendent du prix négocié du certificat.

Trois configurations qui couvrent l'essentiel des cas
Site et système de chauffageCalculVolumeOrdre de grandeur
Atelier d'usinage, zone H2, aérothermes de 250 kW8 000 × 2502 000 MWh cumac10 000 à 18 000 €
Atelier de maintenance, zone H3, aérothermes de 90 kW8 500 × 90765 MWh cumac3 800 à 6 900 €
Hall de montage, zone H1, panneau radiant de 180 kW2 500 × 180450 MWh cumac2 300 à 4 000 €

Le radiatif divise le forfait par près de trois. La zone méridionale est la mieux dotée, à l'inverse des autres opérations de chauffage.

L’atelier d’usinage est la configuration la plus favorable de tout le cluster : un système convectif, une puissance de chauffage élevée et une zone bien dotée se combinent sur le même dossier.

Trois ordres de grandeur suffisent à situer un projet.

  • Atelier de 250 kW en convectif : environ 2 000 MWh cumac.
  • Atelier de 90 kW en convectif : environ 765 MWh cumac.
  • Hall de 180 kW en radiatif : environ 450 MWh cumac.

Un atelier chauffé par les deux systèmes cumule les deux montants, chacun calculé sur la puissance de son système.

Un atelier chauffé à la fois par aérothermes et par panneaux radiants cumule les deux montants, chacun calculé sur la puissance de son système. Le détail des douze forfaits figure sur la page prix d’un déstratificateur, et le mécanisme de valorisation sur la page calcul de la prime.

Ce qu’un site industriel doit vérifier avant l’étude

Cinq points décident du dossier, et un responsable énergie les rassemble en une matinée.

  1. La consigne réelle en occupation, relevée sur la régulation et non sur le cahier des charges d’origine.
  2. La hauteur sous faîtage du local concerné, distincte de la hauteur du bâtiment.
  3. La nature du chauffage : convectif, radiatif, ou les deux, avec la puissance nominale de chaque système.
  4. L’usage réel du local, pour écarter les zones requalifiées en stockage au fil du temps.
  5. La qualification du bureau d’études retenu, qui doit porter la mention 1327 ou 1717.

Le quatrième point mérite une attention particulière sur un site ancien. Un local déclaré atelier au plan mais devenu zone de stockage tampon sort du champ de la fiche, même si sa consigne reste élevée.

Combiner avec les autres opérations du site

Le déstratificateur se place en première opération d’un plan, pas en dernière. Le ticket reste modeste, la pose n’arrête pas la production, et le résultat se constate en une saison de chauffe.

Il ne réduit pourtant aucune déperdition : il redistribue une chaleur déjà produite. Sur un bâtiment mal isolé, il améliore le confort au sol sans corriger la cause.

La séquence qui fonctionne le traite donc comme un préalable au reste. Les opérations mobilisables sur un site de production figurent sur la page CEE industrie, et l’ensemble des opérations couvertes ici sur la page solutions CEE.

Sur un site mixte, les bâtiments administratifs relèvent de la fiche tertiaire et non d’IND-BA-110. La qualification se fait bâtiment par bâtiment, comme l’explique la page CEE tertiaire.

Passer à l’étude

Quatre données suffisent à estimer la prime d’un atelier.

  • La zone climatique du site.
  • La nature du chauffage : convectif, radiatif, ou les deux.
  • La puissance nominale de chaque système, en kilowatts.
  • La consigne de température relevée en occupation.

Le dossier complet de l’opération figure sur la page prime CEE déstratificateur. Les conditions communes à tous les bénéficiaires sont détaillées sur la page qui peut bénéficier des CEE. Le rôle de chaque acteur est expliqué sur la page obligés CEE, et le cumul avec les autres financements sur la page aides cumulables.

Sources

Le secteur d’application, les exclusions, la qualification OPQIBI 1717 et les six forfaits proviennent de la fiche IND-BA-110. Sa version A71-4 s’applique depuis le 1ᵉʳ août 2025, et le ministère chargé de l’énergie la publie.

Les écarts relevés avec BAT-TH-142 résultent d’une comparaison ligne à ligne des deux textes en vigueur. Leur version applicable et leur date limite d’engagement sont fixées par arrêté, publié au Journal officiel et consultable sur Légifrance.

Déstratificateur : les autres pages du dossier

Autres opérations finançables en industrie

Questions fréquentes

Quel montant pour un déstratificateur en industrie ?

Le forfait atteint 7 200 kWh cumac par kilowatt de chauffage en zone H1, 8 000 en H2 et 8 500 en H3 pour un système convectif. En radiatif : 2 500, 2 800 et 3 000. Un atelier convectif de 250 kW en zone H2 dégage ainsi 2 000 MWh cumac.

Pourquoi la fiche industrielle est-elle deux fois mieux dotée ?

Parce que le forfait reflète la consommation évitée, et qu'un bâtiment industriel de grande hauteur consomme davantage par kilowatt installé qu'un local tertiaire équivalent. À puissance et zone identiques, l'écart va de un à deux.

Un atelier chauffé à 12 °C est-il éligible ?

Non. Les locaux dont la consigne de chauffage en occupation descend strictement sous 15 °C sont exclus de la fiche, quelle que soit leur hauteur. C'est l'exclusion qui écarte le plus d'ateliers.

Quelle qualification le bureau d'études doit-il détenir en industrie ?

OPQIBI 1327, ingénierie de la performance énergétique dans le traitement climatique des bâtiments, ou OPQIBI 1717, audit énergétique dans l'industrie. La qualification 1905 admise en tertiaire ne convient pas ici.

Le seuil de bruit de 45 dB(A) s'applique-t-il en industrie ?

Non. IND-BA-110 ne fixe aucune exigence acoustique, contrairement à BAT-TH-142. C'est l'une des trois différences de fond entre les deux fiches.

Un entrepôt logistique chauffé peut-il en bénéficier ?

Non. Les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage sont exclus, qu'ils soient chauffés ou non, frigorifiques ou non.

Vérifier votre éligibilité

Décrivez votre projet : nous le transmettons à l'installateur ou au mandataire CEE le plus à même d'y répondre, qui vous rappelle pour un chiffrage.

  • Gratuit et sans engagement
  • Transmis au seul partenaire le plus à même d'y répondre
  • Données protégées, jamais revendues

Direct CEE ne réalise pas les travaux : votre demande est confiée à l'installateur ou au mandataire CEE partenaire le plus à même d'y répondre.

Page mise à jour le 25 septembre 2026.