Prix d’un déstratificateur et montant de la prime
Le prix d’un déstratificateur se compte par appareil posé. La prime, elle, se calcule sur une base sans rapport : le kilowatt de puissance de chauffage du local traité. Les deux grandeurs ne varient pas ensemble, et ce décalage décide de la rentabilité du projet.
Un local haut, vaste et faiblement chauffé demande beaucoup d’appareils pour une prime modeste. Un local plus petit mais fortement chauffé fait l’inverse.
Combien coûte l’installation
Comptez 1 000 à 2 500 € par appareil posé, matériel et raccordement électrique compris. Ces montants relèvent des ordres de grandeur du marché, non de la fiche, qui ne fixe aucun prix.
Le nombre d’appareils sort du calepinage, pas d’un ratio de surface. L’usage situe un appareil pour 200 à 400 m² selon la hauteur sous plafond et la puissance de brassage retenue.
Deux postes s’ajoutent au matériel, et le premier surprend.
- La note de dimensionnement, qui doit venir d’un bureau d’études qualifié. Sur un projet de quelques appareils, elle peut représenter le quart de la dépense.
- La régulation, puisque le système doit être asservi à une sonde de température placée en partie haute. Un appareil piloté en manuel sort des conditions de la fiche.
Les conditions détaillées de ces deux postes figurent sur la page éligibilité BAT-TH-142.
Le calcul de la prime
La formule tient en une ligne.
Montant en kWh cumac = forfait de la zone climatique et du type de chauffage × puissance nominale du système de chauffage du local déstratifié, en kilowatts.
Trois grandeurs n’entrent pas dans ce calcul, contrairement à l’intuition.
- La surface du local, qui ne joue à aucun moment.
- Le volume déstratifié, qui sert au dimensionnement mais pas à la prime.
- Le nombre d’appareils posés, qui relève du calepinage.
Le montant se détermine pour l’ensemble du local complètement clos concerné par la déstratification.
Les douze forfaits, tertiaire et industrie
Les deux grilles se lisent l’une contre l’autre. À zone et puissance identiques, la fiche industrielle verse près du double de la fiche tertiaire, et l’écart se creuse encore sur le radiatif. Le mécanisme commun de valorisation des certificats est détaillé sur la page calcul de la prime.
Ce qui fait varier le montant du simple au six
Trois paramètres se combinent, et l’écart entre la configuration la moins et la mieux dotée dépasse le facteur six.
Le mode de chauffage pèse le plus lourd. Un local convectif rapporte près de trois fois un local radiatif : 3 900 contre 1 400 kWh cumac par kilowatt en tertiaire zone H1. La fiche range dans le convectif la centrale de traitement d’air, le rooftop, l’aérotherme, le générateur d’air chaud et le ventilo-convecteur. Elle range dans le radiatif la cassette, le tube et le panneau radiant, ainsi que le plancher chauffant.
Le secteur vient ensuite, avec un rapport de un à deux entre les deux fiches.
La zone climatique joue en dernier, et à rebours des autres opérations de chauffage. Le forfait monte du nord vers le sud, de 3 900 en H1 à 4 600 en H3 pour le tertiaire convectif. Là où une pompe à chaleur perd la moitié de sa prime en zone méditerranéenne, un déstratificateur y gagne.
Le cumul convectif et radiatif
C’est la disposition la plus rentable de ces deux fiches, et la moins exploitée.
Lorsqu’un local est chauffé à la fois par un système convectif et par un système radiatif, les montants de certificats se cumulent. Les deux fiches l’écrivent noir sur blanc.
Un atelier équipé d’aérothermes et de panneaux radiants ouvre donc deux calculs distincts, chacun sur la puissance nominale de son système. Un devis qui ne retient que le système principal laisse une part de la prime de côté.
La règle du prorata de chaudière
Deuxième règle de calcul à connaître, celle qui fait diverger les estimations.
Lorsqu’une chaudière centralisée chauffe plusieurs locaux, la puissance retenue pour le local déstratifié correspond à sa quote-part dans les volumes totaux chauffés. La puissance ainsi calculée reste par construction inférieure ou égale à la puissance nominale de la chaudière.
En chauffage décentralisé, la règle est plus simple. La puissance est la somme des puissances nominales des équipements qui chauffent le local.
Quatre exemples chiffrés
Les volumes proviennent des forfaits des fiches. Les montants en euros restent des ordres de grandeur, puisque le prix du certificat se négocie avec l’obligé.
Atelier tertiaire, zone H1, chauffage convectif de 120 kW. Le calcul donne 3 900 × 120, soit 468 MWh cumac, de l’ordre de 2 300 à 4 200 €.
Le même atelier en chauffage radiatif. Le calcul donne 1 400 × 120, soit 168 MWh cumac, de l’ordre de 840 à 1 500 €. Même local, même dépense, prime divisée par près de trois.
Site industriel, zone H2, chauffage convectif de 250 kW. Le calcul donne 8 000 × 250, soit 2 000 MWh cumac, de l’ordre de 10 000 à 18 000 €. C’est le haut du spectre de ces deux fiches.
Gymnase municipal, zone H3, chauffage convectif de 80 kW. Le calcul donne 4 600 × 80, soit 368 MWh cumac, de l’ordre de 1 800 à 3 300 €. Les opérations mobilisables sur un patrimoine public figurent sur la page CEE collectivités.
Le taux de couverture réel
Le rapport entre la prime et la dépense varie fortement, et il se vérifie avant de s’engager.
Sur l’atelier convectif de 120 kW, quatre appareils et une note de dimensionnement situent la dépense entre 5 000 et 12 000 €. Une prime de 2 300 à 4 200 € couvre donc un quart à la moitié du projet.
Sur le même local en radiatif, la dépense ne change pas et la prime tombe sous 1 500 €. Le taux de couverture descend alors sous 20 %, et l’opération se justifie par le confort au poste de travail plus que par la prime.
Sur le site industriel, le rapport s’inverse. Les forfaits doublés font que la prime couvre couramment la moitié à la totalité de la dépense, ce qui explique que ces opérations partent d’abord en industrie. La page CEE industrie liste les autres opérations finançables sur un site de production. La page CEE tertiaire fait de même pour un parc tertiaire.
Avant de demander un devis
Quatre données suffisent à estimer la prime, et un installateur sérieux les demande en premier.
- La zone climatique du site, déterminée par le département.
- La nature du chauffage du local : convectif, radiatif, ou les deux.
- La puissance nominale de ce système de chauffage, en kilowatts.
- Le secteur du bâtiment : tertiaire ou industriel.
Un devis établi sans ces quatre éléments annonce un montant qui ne tiendra pas. Le dossier complet de l’opération figure sur la page prime CEE déstratificateur, les conditions communes sur la page qui peut bénéficier des CEE, et le rôle des acteurs sur la page obligés CEE.
Le cumul avec les autres dispositifs de financement est traité sur la page aides cumulables. L’ensemble des opérations couvertes ici est listé sur la page solutions CEE.
Sources
Les douze forfaits, la règle de cumul entre système convectif et radiatif et celle du prorata de volumes chauffés proviennent des fiches BAT-TH-142 et IND-BA-110, en version A71-4 applicable depuis le 1ᵉʳ août 2025. Ces deux fiches sont publiées par le ministère chargé de l’énergie. Leur version en vigueur et leur date limite d’engagement sont fixées par arrêté, publié au Journal officiel et consultable sur Légifrance.
Les montants en euros et les coûts d’installation ne figurent dans aucun texte. Ils reflètent des ordres de grandeur de marché, et le prix du kWh cumac se négocie librement entre le bénéficiaire et l’obligé, comme l’expliquent les repères communs de la page tarifs et aides.