Aller au contenu

La récupération de chaleur sur un compresseur d’air

La récupération de chaleur sur compresseur part d’un constat simple : la machine transforme en chaleur la quasi-totalité de l’énergie électrique qu’elle absorbe. Sur la plupart des installations, cette chaleur part dans l’air du local technique ou à l’extérieur.

IND-UT-103 la finance quand elle est valorisée sur site. C’est la fiche la mieux dotée du cluster air comprimé, avec un forfait qui atteint 43 100 kWh cumac par kilowatt.

43 100kWh cumac par kW, fiche la mieux dotée du cluster
6 400kWh cumac par kW, plancher en chauffage de locaux
×6,7entre le plancher et le plafond de la même fiche
20 %retirés par la zone H3 sur chaque valeur de chauffage

Ce que finance la fiche

La fiche finance l’installation d’un récupérateur branché sur le circuit de refroidissement du compresseur, à condition que la chaleur serve sur le site même. Trois destinations sont admises.

  • Le chauffage de locaux.
  • La production d’eau chaude sanitaire.
  • Un procédé industriel.

La fiche n’impose aucune technologie particulière de récupération. Elle distingue en revanche deux montages dans ses conditions de preuve, selon qu’un échangeur est installé ou non.

L’exclusion qui surprend

Est exclu de l’opération tout système de récupération de chaleur interne au compresseur d’air destiné à la régénération d’un sécheur d’air.

C’est précisément le montage que proposent de nombreux constructeurs, puisqu’il est le plus simple : la chaleur ne quitte jamais l’ensemble compresseur-sécheur, et aucun réseau n’est à créer.

La logique du refus se comprend. Ce montage améliore le rendement interne de la machine, sans que la chaleur sorte du périmètre de production d’air comprimé. Le dispositif finance une valorisation ailleurs, pas une optimisation interne.

Une nuance mérite d’être posée. Un sécheur à adsorption à apport calorifique alimenté par la chaleur d’un compresseur relève, lui, d’une autre fiche — IND-UT-122 — qui le finance explicitement. Le même flux de chaleur est donc refusé par une fiche et admis par une autre, selon l’équipement financé.

Les deux montages possibles

Ils se distinguent par la présence d’un échangeur, et cette distinction change la preuve à fournir.

  • Avec échangeur : la preuve porte l’échangeur et sa puissance thermique.
  • Sans échangeur, par tuyauterie ou gainage : la preuve porte la mise en place du système de récupération.

Avec échangeur, la preuve de réalisation mentionne la mise en place d’un échangeur et sa puissance thermique. À défaut, elle porte la marque et la référence, complétées par une note de dimensionnement de l’installateur ou un document du fabricant indiquant qu’il s’agit d’un échangeur et précisant sa puissance thermique.

Sans échangeur, lorsque le système consiste en la pose de tuyauterie ou de gainage, la preuve mentionne simplement la mise en place d’un système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air.

Ce second cas correspond au montage le plus courant sur les compresseurs refroidis par air : une gaine récupère l’air chaud sortant du capot pour l’envoyer vers un atelier ou un local à chauffer.

Le calcul, et son plafond

Deux bases coexistent selon le montage, avec une limite commune.

  • Avec échangeur : la puissance thermique de l’échangeur.
  • Sans échangeur : la puissance électrique nominale du compresseur.
  • Dans les deux cas : un plafond fixé à la puissance électrique nominale du compresseur.

Avec échangeur, le calcul retient la puissance thermique de l’échangeur, lue sur sa plaque signalétique, ou à défaut sur la note de dimensionnement de l’installateur ou un document du fabricant.

Sans échangeur, il retient la puissance électrique nominale du compresseur.

Dans tous les cas, la puissance retenue reste limitée à la puissance électrique nominale du compresseur. Un échangeur surdimensionné ne rapporte donc pas davantage, le plafond suivant la machine.

Cette règle reflète la physique de l’installation. Un compresseur ne peut pas restituer plus de chaleur qu’il n’absorbe d’électricité, et la fiche s’aligne sur cette limite.

Les forfaits, et le poids du régime

Deux paramètres décident : l’usage de la chaleur et le mode de fonctionnement du site. La zone climatique n’intervient que pour l’un des deux usages.

Pour un chauffage de locaux ou une eau chaude sanitaire, le forfait part de 6 400 kWh cumac par kilowatt en zone H1 et 1×8. Il atteint 26 700 en zone H1 et 3×8 continu. La zone H3 retire environ 20 % à chaque valeur.

Pour une valorisation dans un procédé, la zone climatique disparaît. Le forfait va de 10 300 en 1×8 à 43 100 en 3×8 sans arrêt, plus haute valeur du cluster.

Le régime du site multiplie donc le forfait par quatre entre un 1×8 et un 3×8 continu. L’écart entre les deux usages atteint pour sa part 60 % à régime égal. Il s’explique par la saisonnalité : un chauffage de locaux ne consomme la chaleur que l’hiver, un procédé toute l’année.

La durée de vie conventionnelle retenue est de treize ans, l’une des plus courtes du dispositif industriel. Les grilles complètes du cluster figurent sur la page prix d’un compresseur d’air.

Le non-cumul avec la tour aéroréfrigérante

Une clause ciblée limite le cumul, et elle concerne les installations refroidies par eau.

L’opération n’est pas cumulable avec IND-BA-112 si le compresseur d’air est connecté à la tour aéroréfrigérante. Cette fiche, qui portait sur la récupération de chaleur sur une tour aéroréfrigérante, est aujourd’hui abrogée.

La clause reste néanmoins utile à connaître pour les dossiers anciens, et elle éclaire la logique du dispositif : un même flux de chaleur ne se valorise qu’une fois.

Le panorama complet des voies de valorisation de la chaleur perdue figure sur la page prime CEE chaleur fatale, et le cas des groupes de froid sur la page récupération sur groupe froid.

Où placer la chaleur récupérée

Le projet se décide sur la distance au besoin, pas sur le gisement.

Un compresseur de 75 kW libère en continu l’équivalent thermique de sa puissance absorbée. Le gisement ne manque donc jamais sur un site qui comprime.

Ce qui manque, c’est un besoin proche et concomitant. Trois configurations fonctionnent bien.

  • Un atelier à chauffer à proximité immédiate du local compresseur, par gainage direct de l’air chaud.
  • Un besoin d’eau chaude sanitaire continu — vestiaires, lavage, nettoyage en place.
  • Un procédé consommant de la chaleur basse température, qui donne accès au forfait le plus élevé.

À l’inverse, un local compresseur isolé, loin de tout besoin, conduit à un réseau coûteux qui absorbe la prime.

Trois points à régler avant de commander

La récupération se conçoit depuis le besoin, jamais depuis la machine.

Trois vérifications précèdent utilement toute demande de devis, et elles décident du dimensionnement.

  1. La température utile du besoin, qu’un compresseur lubrifié refroidi par air couvre couramment jusqu’à 40-50 °C en gainage, et 60-70 °C sur un échangeur de circuit d’huile.
  2. La concomitance entre la marche du compresseur et l’existence du besoin, un chauffage hivernal face à une production estivale ne produisant aucun gain réel.
  3. Le maintien du refroidissement quand la récupération s’arrête, qui impose un by-pass et une régulation.

Ce troisième point est le plus souvent oublié au chiffrage. Il ajoute des vannes, une régulation et parfois un aérotherme de dissipation — des postes qui pèsent sur le coût sans augmenter la prime.

Multipliez le forfait par la puissance retenue pour obtenir le volume ; sa conversion en euros suit la méthode de la page calcul de la prime.

Ce que l’opération n’apporte pas

Elle ne réduit pas la consommation du compresseur lui-même : celui-ci continue d’absorber la même puissance électrique. Elle substitue une chaleur gratuite à une chaleur payée ailleurs.

Le gain se lit donc sur la facture de gaz ou sur celle du chauffage électrique, jamais sur la consommation d’air comprimé. C’est un point à poser clairement avant l’étude, sous peine de décevoir.

Les autres opérations du cluster — séquenceur, mise en veille, sécheur — agissent, elles, sur la consommation d’air comprimé. Elles sont détaillées sur la page prime CEE air comprimé, et leurs conditions sur la page éligibilité air comprimé.

Sources

La fiche IND-UT-103 fournit l’ensemble des éléments cités : les trois usages admis, l’exclusion de la régénération de sécheur, les deux montages de preuve, le plafonnement de la puissance et les huit forfaits.

Elle mentionne également le non-cumul avec IND-BA-112 lorsque le compresseur est connecté à une tour aéroréfrigérante.

Son texte est diffusé par le ministère chargé de l’énergie ; ses éventuelles révisions paraissent par arrêté sur Légifrance.

Air comprimé : les autres pages du dossier

Autres opérations finançables en industrie

Questions fréquentes

Quelle part de l'énergie d'un compresseur devient de la chaleur ?

La quasi-totalité. La compression échauffe l'air, et cette chaleur est évacuée par le refroidissement de l'huile, celui de l'air comprimé et le moteur. Sans récupération, elle part à l'atmosphère.

Quel est le montant de la prime ?

De 6 400 à 26 700 kWh cumac par kilowatt pour un chauffage de locaux ou une eau chaude sanitaire selon la zone climatique et le régime, et de 10 300 à 43 100 pour une valorisation dans un procédé, sans distinction de zone.

Quelle puissance est retenue pour le calcul ?

La puissance thermique de l'échangeur, limitée dans tous les cas à la puissance électrique nominale du compresseur. En l'absence d'échangeur, le calcul retient directement cette puissance électrique.

Peut-on financer la récupération pour régénérer un sécheur ?

Non. La fiche exclut explicitement tout système de récupération de chaleur interne au compresseur destiné à la régénération d'un sécheur d'air.

Faut-il un échangeur pour être éligible ?

Non. Une récupération par simple gainage ou tuyauterie, sans échangeur, est finançable : la preuve mentionne alors la mise en place d'un système de récupération de chaleur sur un compresseur d'air.

Quelle est la durée de vie conventionnelle ?

Treize ans, l'une des plus courtes du dispositif industriel. C'est ce qui modère les forfaits malgré le gisement important.

Vérifier votre éligibilité

Décrivez votre projet : nous le transmettons à l'installateur ou au mandataire CEE le plus à même d'y répondre, qui vous rappelle pour un chiffrage.

  • Gratuit et sans engagement
  • Transmis au seul partenaire le plus à même d'y répondre
  • Données protégées, jamais revendues

Direct CEE ne réalise pas les travaux : votre demande est confiée à l'installateur ou au mandataire CEE partenaire le plus à même d'y répondre.

Page mise à jour le 25 septembre 2026.