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Prix d’un compresseur d’air industriel et prime CEE

Le prix d’un compresseur d’air industriel se compte au kilowatt installé, mais ce n’est pas là que se joue la rentabilité des opérations financées.

Sur ce cluster, les opérations les moins coûteuses sont les mieux couvertes. Un séquenceur ou un dispositif de mise en veille pèsent quelques milliers d’euros et agissent sur toute une centrale.

Combien coûte chaque opération

Les repères ci-dessous viennent du marché, qu’aucune fiche n’encadre.

  • Un compresseur à vis : 300 à 800 € par kilowatt de puissance électrique, installation comprise.
  • Un sécheur à adsorption à apport calorifique : 8 000 à 40 000 € selon le débit traité.
  • Un séquenceur électronique : 5 000 à 20 000 € selon le nombre de machines et leurs interfaces.
  • Un dispositif de mise en veille : 2 000 à 6 000 € par machine équipée.
  • Une récupération de chaleur sur compresseur : 5 000 à 20 000 €, la distance au besoin dominant le coût.

Deux facteurs pèsent plus que le matériel sur le total. L’ancienneté des compresseurs conditionne les interfaces de communication à ajouter pour un séquenceur. Et la distance entre la centrale et le besoin de chaleur décide du coût d’une récupération.

Les grilles de forfaits

Le compresseur basse pression — IND-UT-120

Un forfait unique : 19 300 kWh cumac par kilowatt de puissance électrique nominale du compresseur installé.

Aucune modulation par le régime de fonctionnement ni par la zone climatique. C’est la grille la plus simple du cluster, et l’un des forfaits unitaires les plus élevés du catalogue industriel.

Le sécheur à adsorption — IND-UT-122

Sécheur à adsorption, fiche IND-UT-122
Régime du siteForfait
1×8 h2 300
2×8 h5 000
3×8 h avec arrêt le week-end6 800
3×8 h sans arrêt le week-end9 500

kWh cumac par kilowatt de puissance des compresseurs connectés au sécheur.

Le séquenceur électronique — IND-UT-124

Deux paramètres décident : le nombre de compresseurs pilotés et la présence d’une optimisation d’énergie. Valeurs par kilowatt de puissance totale des compresseurs pilotés.

Séquenceur électronique, fiche IND-UT-124
Compresseurs pilotésSans optimisationAvec optimisation d'énergie
2 compresseurs5602 400
3 compresseurs1 1003 000
4 compresseurs1 7003 600
5 compresseurs2 2004 100
6 compresseurs2 7004 600
7 compresseurs3 2005 100
8 compresseurs3 7005 600

kWh cumac par kilowatt de puissance totale des compresseurs pilotés. Au-delà de huit compresseurs, seuls les huit plus puissants entrent dans le calcul.

L’option d’optimisation d’énergie multiplie le forfait par 4,3 sur deux compresseurs. L’écart se resserre avec la taille de la centrale sans jamais s’annuler : il reste proche de 1 900 kWh cumac par kilowatt sur huit machines.

La mise en veille automatique — IND-UT-140

Mise en veille automatique, fiche IND-UT-140
Régime de la machineForfait
1×8 h avec arrêt le week-end71
2×8 h avec arrêt le week-end57
3×8 h avec arrêt le week-end45
3×8 h sans arrêt le week-end30

kWh cumac par litre par minute de débit d'air comprimé. Seule grille du catalogue qui décroît avec les heures : la fiche rémunère l'air non consommé pendant les arrêts.

La récupération de chaleur — IND-UT-103

Le forfait dépend de l’usage de la chaleur et du régime du site. Pour une valorisation dans un procédé, sans distinction de zone climatique : 10 300 en 1×8, 25 600 en 2×8, 31 800 en 3×8 avec arrêt et 43 100 en 3×8 sans arrêt.

Pour un chauffage de locaux ou une eau chaude sanitaire, la zone climatique intervient. Le forfait va de 6 400 kWh cumac par kilowatt en zone H1 et 1×8, jusqu’à 26 700 en zone H1 et 3×8 sans arrêt.

Cinq exemples chiffrés

Chaque calcul applique le forfait de la fiche à la base qu’elle retient. Les euros restent indicatifs.

Compresseur basse pression de 90 kW pour l’aération d’un bassin. Le calcul donne 19 300 × 90, soit 1 737 MWh cumac, de l’ordre de 8 700 à 15 600 € pour une dépense de 27 000 à 72 000 €.

Séquenceur avec optimisation sur quatre compresseurs totalisant 300 kW. Le calcul donne 3 600 × 300, soit 1 080 MWh cumac, de l’ordre de 5 400 à 9 700 € pour une dépense de 8 000 à 15 000 €.

Le même séquenceur sans optimisation d’énergie. Le forfait tombe à 1 700, soit 510 MWh cumac et 2 600 à 4 600 €. L’option d’optimisation double la prime.

Sécheur à adsorption sur une centrale de 200 kW, site en 3×8 sans arrêt. Le calcul donne 9 500 × 200, soit 1 900 MWh cumac, de l’ordre de 9 500 à 17 100 €.

Mise en veille d’une machine à 1 500 litres par minute, site en 2×8. Le calcul donne 57 × 1 500, soit 85,5 MWh cumac, de l’ordre de 430 à 770 € pour une dépense de 2 000 à 6 000 €.

Ce que ces exemples révèlent

Le séquenceur affiche le meilleur rapport du cluster, parce qu’il agit sur la puissance totale d’une centrale pour un investissement fixe.

Sur quatre compresseurs de 300 kW cumulés, la prime couvre la totalité de la dépense. Le rapport s’améliore encore avec le nombre de machines, jusqu’au plafond des huit compresseurs.

L’optimisation d’énergie se paie toujours. Son surcoût logiciel reste modeste au regard du doublement de forfait qu’elle apporte — de 1 700 à 3 600 kWh cumac par kilowatt sur quatre compresseurs.

La mise en veille rapporte peu par machine. Quelques centaines d’euros pour une dépense de quelques milliers : l’opération se justifie sur un parc de machines, traité en une campagne, plutôt qu’à l’unité.

Le compresseur basse pression couvre environ un quart du renouvellement. La prime ne déclenche pas la décision, elle améliore le plan de financement d’un remplacement déjà nécessaire.

L’ordre dans lequel dépenser

Le classement par rapport prime sur dépense ne suit pas l’intuition technique.

Un responsable d’utilités raisonne en général par la production : remplacer le compresseur, puis traiter l’aval. Les forfaits conduisent à l’inverse.

  1. Le séquenceur avec optimisation d’énergie, qui agit sur la puissance totale de la centrale pour un montant fixe.
  2. La récupération de chaleur, dès qu’un besoin existe à proximité, avec des forfaits élevés en régime continu.
  3. Le sécheur, au renouvellement, son forfait étant assis sur la puissance des compresseurs raccordés.
  4. La mise en veille, conduite en campagne sur plusieurs machines plutôt qu’à l’unité.
  5. Le compresseur basse pression, en dernier, sauf remplacement déjà décidé.

Cet ordre a un mérite supplémentaire : chaque étape réduit la demande d’air, donc le dimensionnement de la suivante. Un site qui commence par la production achète une machine calibrée sur des consommations qu’il va ensuite supprimer.

Avant de demander un devis

Cinq données conditionnent toute estimation sur une centrale.

  1. La puissance électrique nominale de chaque compresseur, lue sur sa plaque.
  2. Le nombre de compresseurs raccordés à la même centrale.
  3. Le régime de fonctionnement du site : 1×8, 2×8, 3×8 avec ou sans arrêt le week-end.
  4. La pression de service du réseau, et l’existence d’usages basse pression.
  5. Le débit des machines candidates à une mise en veille, en litres par minute.

Le troisième point est le plus structurant : il intervient dans trois des cinq grilles, et en sens inverse selon la fiche.

Les conditions et les exclusions figurent sur la page éligibilité air comprimé, et le panorama des cinq opérations sur la page prime CEE air comprimé. Les autres opérations d’un site de production sont listées sur la page CEE industrie, et l’ensemble de celles traitées ici sur la page solutions CEE.

La récupération de chaleur est détaillée sur la page récupération de chaleur sur compresseur, et les obligations de suivi en service sur la page réglementation des compresseurs d’air.

Le passage du volume au montant est expliqué sur la page calcul de la prime, et le rôle des acteurs sur la page obligés CEE.

Sources

Les cinq grilles reproduites ici viennent du texte de chaque fiche.

  • IND-UT-120 pour le forfait unique du compresseur basse pression.
  • IND-UT-122 pour les quatre forfaits du sécheur à adsorption.
  • IND-UT-124 pour les quatorze valeurs du séquenceur.
  • IND-UT-140 pour les quatre forfaits de la mise en veille.
  • IND-UT-103 pour les huit forfaits de la récupération de chaleur.

Le ministère chargé de l’énergie en publie les versions applicables, et Légifrance les arrêtés qui les modifient.

Les prix d’installation cités relèvent d’ordres de grandeur du marché, qu’aucune fiche ne fixe. Le prix du kWh cumac se négocie entre le bénéficiaire et l’obligé.

Air comprimé : les autres pages du dossier

Autres opérations finançables en industrie

Questions fréquentes

Combien coûte un compresseur d'air industriel ?

L'ordre de grandeur va de 300 à 800 € par kilowatt de puissance électrique pour une machine à vis, installation comprise. Un compresseur de 75 kW se situe donc entre 22 000 et 60 000 €.

Combien coûte un séquenceur électronique ?

De 5 000 à 20 000 € selon le nombre de compresseurs pilotés et l'ancienneté des machines, qui conditionne les interfaces de communication à installer.

Quelle est la prime pour un compresseur basse pression ?

19 300 kWh cumac par kilowatt de puissance électrique nominale. Sur une machine de 90 kW, cela représente 1 737 MWh cumac, soit de l'ordre de 8 700 à 15 600 euros.

Quel est le meilleur rapport prime sur dépense ?

Le séquenceur avec optimisation d'énergie sur quatre compresseurs ou plus. Il pilote une puissance élevée pour un investissement limité, et la prime dépasse souvent la dépense.

Comment se calcule la prime de mise en veille ?

Par le débit d'air comprimé entrant dans la machine, en litres par minute, multiplié par un forfait de 30 à 71 kWh cumac selon le régime de fonctionnement du site.

La prime couvre-t-elle un remplacement de compresseur classique ?

Non. Seul le compresseur basse pression à vis ou centrifuge, pour des applications sous 1,5 bar relatif, fait l'objet d'une fiche. Le remplacement d'un compresseur haute pression standard n'est pas financé.

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Page mise à jour le 25 septembre 2026.