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Récupération de chaleur sur groupe froid : ce qui est financé

Un groupe de production de froid rejette au condenseur toute la chaleur qu’il extrait, augmentée du travail de compression. Cette chaleur est la plus disponible d’un site : elle sort en continu, à température modérée, et repart le plus souvent dans l’air.

Le dispositif la finance, mais de moins en moins largement : depuis le 1ᵉʳ août 2025, un secteur entier en est sorti.

18 °Cde température d'évaporation au plus, condition d'entrée
3exclusions décisives avant toute étude
2025année où l'industrie a perdu cette opération
2fiches subsistent, en tertiaire et en agriculture

Ce que finance l’opération

Les fiches visent la mise en place d’un système de récupération de chaleur sur un groupe de production de froid. Son objet : chauffer ou préchauffer un fluide caloporteur, de l’eau en pratique. Trois destinations sont admises — le chauffage du bâtiment, la production d’eau chaude sanitaire, ou un besoin de procédé.

Trois équipements portent cette récupération, et la fiche les nomme : le condenseur, le désurchauffeur et le refroidissement d’huile. Chacun capte la chaleur à un endroit différent du circuit.

Le désurchauffeur mérite une mention particulière. Placé en sortie de compresseur, il capte la vapeur surchauffée avant condensation, donc la fraction la plus chaude du rejet. C’est le montage qui atteint les températures les plus utiles, souvent 60 °C et davantage.

Trois exclusions décisives

Elles sont identiques dans BAT-TH-139 et AGRI-TH-104, et elles écartent des projets courants.

  • Le chauffage de l’air : tout système destiné à chauffer ou préchauffer de l’air sort du champ, un aérotherme alimenté par le condenseur compris.
  • Le groupe de secours : la récupération sur un groupe de production de froid de secours n’est pas éligible.
  • La pompe à chaleur : la récupération de chaleur sur une pompe à chaleur ne l’est pas davantage.

La première exclusion est la plus coûteuse en pratique. Elle oblige à passer par un circuit d’eau, donc par un ballon, un échangeur et une distribution hydraulique — ce qui change l’économie du projet sur un bâtiment sans réseau d’eau chaude.

La fiche impose par ailleurs un groupe par compression mécanique utilisant un fluide frigorigène en circuit fermé. Sa température d’évaporation ne doit pas dépasser 18 °C.

Le secteur décide de l’existence même de la fiche

C’est le point que le marché n’a pas intégré.

En bâtiment tertiaire existant, BAT-TH-139 s’applique, l’activité devant correspondre à la zone d’implantation du groupe de froid.

En agriculture, AGRI-TH-104 s’applique hors tank à lait. Le tank à lait relève d’AGRI-TH-105, qui suit une logique entièrement différente. Son forfait vaut 0,138 kWh cumac par litre de lait produit l’année civile précédente, et le récupérateur doit avoir été validé par un Comité technique dédié.

En industrie, plus rien. IND-UT-117 est abrogée depuis le 1ᵉʳ août 2025, sans fiche de remplacement. Un industriel qui installe un désurchauffeur sur sa centrale ne perçoit aucune prime à ce titre.

La voie qui reste en industrie

Elle existe, mais elle change la nature du projet.

La chaleur du condenseur peut servir de source froide à une pompe à chaleur en rehausse de température, au titre d’IND-UT-137. Le montage devient alors beaucoup plus lourd — la pompe à chaleur s’ajoute à la récupération — mais il redevient finançable.

Deux conditions d’IND-UT-137 s’appliquent alors, et elles écartent des cas fréquents. La chaleur issue du refroidissement d’un procédé en circuit fermé côté évaporateur d’un groupe frigorifique n’est pas éligible. Et le fluide en entrée doit dépasser 25 °C pendant au moins 90 jours par an, avec une moyenne annuelle supérieure à 18 °C.

La page chaleur fatale en industrie traite ce montage.

Le calcul, et son plafond

La formule est simple, mais le plafond est le vrai sujet.

M = D × 9,9 × Précupérée, où D est la durée annuelle d’utilisation de la chaleur récupérée en heures, et Précupérée la puissance thermique récupérée en kilowatts.

Précupérée est plafonnée à (2 × Pcompresseurs) − Pdéjà récupérée. Autrement dit, la puissance valorisable ne peut jamais dépasser le double de la puissance électrique des compresseurs raccordés, et toute récupération existante vient en déduction.

Ce plafond reflète la physique de la machine : un groupe froid rejette au condenseur la chaleur captée plus le travail de compression, soit un ordre de grandeur de deux fois la puissance électrique absorbée.

D se calcule comme un minimum, et c’est le second point technique. Il vaut le plus petit des deux termes suivants : la moyenne pondérée des durées annuelles des besoins de chaleur, affectée de leurs puissances respectives, et la durée moyenne de fonctionnement annuel des compresseurs frigorifiques.

Cette règle sanctionne la non-simultanéité. Un besoin de chaleur de 6 000 heures face à des compresseurs tournant 2 000 heures ne donne que 2 000 heures de valorisation.

Le cas des installations à deux étages

La fiche traite explicitement les architectures complexes, et la règle change selon le montage.

Pour un compresseur compound ou un montage booster, Pcompresseurs est la somme des puissances électriques nominales des compresseurs basse pression et haute pression.

Pour un montage en cascade, seuls les compresseurs haute pression comptent. La cascade se reconnaît à deux fluides frigorigènes différents, ou à un échangeur intermédiaire faisant évaporateur de la partie haute pression et condenseur de la partie basse pression.

L’écart entre les deux lectures atteint couramment 40 % du plafond sur une centrale négative. Il se tranche au dimensionnement, pas au dépôt du dossier.

L’étude de dimensionnement

Elle constitue le document justificatif spécifique de l’opération, et la fiche en détaille le contenu sur plusieurs pages.

Deux exigences la distinguent des autres études du dispositif.

La période représentative couvre 24 heures au minimum, et l’étude en déduit une durée annuelle. Elle tient compte des usages des deux dernières années au moins, des arrêts de saisonnalité, et de la concomitance des besoins de froid et de chaleur.

La démonstration de simultanéité revient à l’étude : elle établit la bonne adaptation entre les besoins de froid et la production de froid, puis entre le système de récupération et les besoins de chaud.

L’étude comporte aussi un schéma simplifié de l’installation, les marques et références des systèmes, et la distinction entre équipements existants et équipements installés dans le cadre de l’opération. Les pièces communes figurent sur la page éligibilité récupération de chaleur.

Enfin, si la récupération suppose plusieurs systèmes, la fiche s’utilise autant de fois qu’il y a de systèmes.

Quand l’opération se justifie

Trois conditions se rencontrent rarement ensemble, et elles décident du projet.

  • Un groupe froid qui tourne beaucoup d’heures dans l’année.
  • Un besoin de chaleur au même moment, typiquement de l’eau chaude sanitaire.
  • Une distance courte entre les deux, le circuit hydraulique pesant lourd dans le budget.

Quatre configurations réunissent ces conditions : la piscine ou la salle de sport climatisée à besoin d’eau chaude continu, l’hôtel, l’établissement de santé, et l’atelier agroalimentaire où le froid et le lavage coexistent.

Trois autres les manquent : le bureau climatisé l’été sans besoin d’eau chaude, l’entrepôt frigorifique isolé, et le site dont le seul besoin de chaleur est un chauffage hivernal quand le froid tourne surtout l’été.

Les montants et un exemple chiffré figurent sur la page prix d’une récupération de chaleur, et le panorama des cinq voies sur la page prime CEE chaleur fatale.

Où cette opération se place

Deux opérations se posent sur le même groupe, et leur ordre compte.

  • La récupération de chaleur, qui valorise la chaleur du condenseur.
  • La régulation de pression flottante, qui abaisse la pression de condensation.

La régulation de pression flottante relève d’un autre cluster et d’autres fiches. Elle se traite sur la page régulation HP et BP flottante.

Une récupération mal conçue peut contraindre la pression de condensation, et réduire d’autant la marge de la régulation flottante. Les deux se dimensionnent donc ensemble, pas l’une après l’autre.

Les opérations mobilisables sur un parc tertiaire figurent sur la page CEE tertiaire, celles d’un site agroalimentaire sur la page CEE agroalimentaire, et l’ensemble des opérations traitées ici sur la page solutions CEE.

Sources

  • Les fiches BAT-TH-139 et AGRI-TH-104 pour le champ, les exclusions, la formule, le plafond et le contenu de l’étude de dimensionnement.
  • La fiche AGRI-TH-105 pour le récupérateur sur tank à lait et sa validation par Comité technique.
  • La fiche IND-UT-137 pour la voie de rehausse qui subsiste en industrie.

Ces textes sont publiés par le ministère chargé de l’énergie. L’abrogation d’IND-UT-117 au 1ᵉʳ août 2025 est vérifiée contre notre référentiel et les arrêtés parus sur Légifrance.

Chaleur fatale : les autres pages du dossier

Autres opérations finançables en industrie

Questions fréquentes

Quelles fiches financent la récupération sur un groupe froid ?

BAT-TH-139 en bâtiment tertiaire existant, AGRI-TH-104 en agriculture hors tank à lait, et AGRI-TH-105 pour un tank à lait. En industrie, IND-UT-117 est abrogée depuis le 1er août 2025 sans remplacement.

Comment se calcule la prime ?

Par la formule M = D × 9,9 × Précupérée, où D est la durée annuelle d'utilisation de la chaleur récupérée en heures et Précupérée la puissance thermique récupérée en kilowatts.

Quel est le plafond de puissance récupérée ?

Précupérée est plafonnée à deux fois la puissance électrique des compresseurs raccordés, moins la puissance déjà récupérée par un système existant sur le même groupe.

Peut-on récupérer la chaleur pour chauffer de l'air ?

Non. Les deux fiches excluent explicitement tout système destiné à chauffer ou préchauffer de l'air. Elles financent le chauffage d'un fluide caloporteur, l'eau en pratique.

Un groupe de secours ou une pompe à chaleur sont-ils éligibles ?

Ni l'un ni l'autre. La récupération sur un groupe de production de froid de secours et la récupération sur une pompe à chaleur sont exclues des deux fiches.

Quelle température d'évaporation faut-il ?

Inférieure ou égale à 18 °C. La fiche s'applique aux groupes de production de froid par compression mécanique utilisant un fluide frigorigène en circuit fermé.

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Page mise à jour le 25 septembre 2026.