Prix d’une installation frigorifique et montant de la prime
Le prix d’une installation frigorifique se lit sur deux échelles sans rapport. Une régulation de pression flottante coûte quelques milliers d’euros ; le remplacement d’une centrale au CO₂ se compte en centaines de milliers.
Les primes, elles, ne suivent pas la même hiérarchie. Sur un froid de production, la régulation affiche un taux de couverture que le remplacement n’atteindra jamais.
Combien coûte l’installation
Une régulation de pression flottante se situe entre 4 000 et 20 000 €. Le matériel compte peu : l’essentiel de la dépense va à l’automate, aux sondes et au paramétrage.
Trois facteurs font varier le montant.
- Le nombre de compresseurs pilotés, et l’architecture de la centrale.
- L’état de l’automate existant, un régulateur communicant récent réduisant fortement la reprise.
- L’étude technique préalable, exigée par trois fiches sur six.
Le remplacement d’une centrale par une installation au CO₂ se situe entre 100 000 et 500 000 € pour une surface commerciale. Le chiffre dépend de la puissance frigorifique, du choix entre subcritique et transcritique, et des options d’éjecteur retenues.
Ces fourchettes viennent du marché de la réfrigération, non des fiches : chaque frigoriste établit son devis librement.
Le calcul de la prime
La formule est la même pour les six fiches de régulation.
Montant en kWh cumac = forfait de la grille applicable × puissance électrique nominale du groupe de production de froid, en kilowatts.
Trois paramètres déterminent quelle grille s’applique : le secteur, l’usage du froid et le mode de condensation. La zone climatique fixe ensuite la valeur dans cette grille.
Pour BAT-EQ-117, la base change : le calcul retient la puissance frigorifique utile délivrée par les compresseurs neufs au CO₂, et non la puissance électrique.
La haute pression flottante en tertiaire — BAT-TH-134
La haute pression flottante en industrie et en agriculture
Les deux fiches regroupent les zones H1 et H2 dans un forfait unique.
La basse pression flottante
Les forfaits sont sans commune mesure avec ceux de la haute pression, et ils ne dépendent pas de la zone climatique.
La fiche industrielle IND-UT-115 couvre la même opération en industrie. Elle figure en vigueur au catalogue, en version A15-1. Son texte n’est cependant plus servi en ligne par le ministère : nous n’en publions donc aucun forfait, et il se demande à l’obligé au moment du montage.
L’installation au CO₂ — BAT-EQ-117
Valeurs en kWh cumac par kilowatt de puissance frigorifique utile.
L’écart entre le montage le plus simple et le plus complet atteint donc le facteur deux. Le détail technique de chaque option figure sur la page CO₂ transcritique.
Cinq exemples chiffrés
Chaque calcul part du forfait de la grille applicable. Les euros dépendent ensuite du prix auquel l’obligé achète le certificat, d’où les fourchettes données ici.
Centrale de froid commercial, zone H2, groupe de 120 kW électriques, haute pression flottante. Le calcul donne 17 000 × 120, soit 2 040 MWh cumac, de l’ordre de 10 200 à 18 400 € pour une dépense de 8 000 à 15 000 €.
Datacenter, zone H1, groupe de 300 kW, haute pression flottante. Le calcul donne 22 800 × 300, soit 6 840 MWh cumac, de l’ordre de 34 000 à 61 000 €. C’est le meilleur rapport du cluster.
Site industriel, zone H1, groupe de 200 kW, haute pression flottante. Le calcul donne 14 300 × 200, soit 2 860 MWh cumac, de l’ordre de 14 300 à 25 700 €.
Immeuble de bureaux, zone H3, groupe de 150 kW, climatisation de confort. Le calcul donne 1 600 × 150, soit 240 MWh cumac, de l’ordre de 1 200 à 2 200 €. La prime ne couvre ici qu’une fraction de la dépense.
Remplacement de centrale au CO₂ transcritique, cas 3 option 2 en régime saturé, 150 kW frigorifiques. Le calcul donne 16 300 × 150, soit 2 445 MWh cumac, de l’ordre de 12 200 à 22 000 € pour un investissement à six chiffres.
Ce que ces exemples révèlent
Le taux de couverture de la régulation dépasse celui du remplacement d’un facteur dix. C’est le constat qui devrait guider l’ordre des opérations sur un site.
Sur un froid de production ou un datacenter, la prime de haute pression flottante couvre la totalité de la dépense, et parfois davantage. L’opération se finance seule.
Sur une climatisation de confort, le rapport s’inverse. La prime couvre moins d’un tiers du coût, et la décision se prend sur le gain d’exploitation plutôt que sur le financement.
Sur un remplacement de centrale au CO₂, la prime représente 5 à 15 % de l’investissement. Elle améliore le dossier, elle ne le déclenche pas. Le mécanisme commun de valorisation est détaillé sur la page calcul de la prime.
L’ordre des opérations sur un site
La régulation se traite avant le remplacement, et la haute pression avant la basse. Cet ordre suit le taux de couverture décroissant, pas la logique technique.
La haute pression flottante vient donc en premier sur tout froid de production. Elle se pose sans arrêt d’exploitation, et sa prime rembourse la dépense.
La basse pression flottante vient ensuite, avec un rapport nettement moins favorable. Son forfait tertiaire hors confort atteint 3 600 kWh cumac par kilowatt. Sur un groupe de 120 kW, cela donne 432 MWh cumac, soit 2 200 à 3 900 € : une part utile du coût, sans plus.
Le remplacement de centrale vient en dernier, quand l’échéance réglementaire sur les fluides ou l’âge de la machine l’impose. Sa prime améliore le plan de financement d’un projet qui se décide ailleurs, comme l’explique la page prime CEE froid industriel.
Avant de demander un devis
Cinq données suffisent à estimer la prime, et un frigoriste sérieux les demande d’emblée.
- La puissance électrique nominale du groupe, compresseurs de secours exclus.
- L’usage du froid : datacenter, réfrigération, conditionnement d’ambiance, ou climatisation de confort.
- Le mode de condensation : par rapport à l’atmosphère, ou à eau seule.
- La zone climatique du site.
- Le secteur : tertiaire, industriel ou agricole.
Un devis établi sans ces cinq éléments annonce un montant qui ne tiendra pas au contrôle. Les conditions et les pièces du dossier figurent sur la page éligibilité groupe froid, et l’ensemble de l’opération sur la page prime CEE froid industriel.
Une rénovation frigorifique se combine souvent avec d’autres financements : voir les aides cumulables et le rôle des obligés CEE. Un entrepôt ou un atelier de transformation trouvera ses autres leviers sur les pages CEE industrie et CEE agroalimentaire.
Sources
Chacune des sept grilles reproduites ici est relevée dans le texte de sa fiche : BAT-EQ-117 pour l’installation au CO₂, BAT-TH-134 et BAT-TH-145 en tertiaire, IND-UT-116 en industrie, AGRI-UT-103 et AGRI-UT-104 en agriculture. Le ministère chargé de l’énergie en publie les versions en vigueur.
Le coût d’une centrale ou d’une régulation et la valeur du kWh cumac en euros ne viennent d’aucune fiche : ce sont des repères de marché. Le statut de chaque fiche a été vérifié sur Légifrance.