Prix d’un récupérateur de chaleur et montant de la prime
Le prix d’un récupérateur de chaleur couvre deux ordres de grandeur. Quelques milliers d’euros pour un échangeur sur compresseur d’air ; plusieurs centaines de milliers pour une rehausse par pompe à chaleur.
Les primes suivent la même amplitude, mais pas dans le même ordre. Sur ce cluster, la voie la moins coûteuse est aussi la mieux couverte, et l’écart de rapport entre les cinq voies dépasse le facteur dix.
Combien coûte chaque voie
Ce sont des fourchettes observées sur les chantiers, pas des valeurs réglementaires : le devis se discute librement.
- Un échangeur sur compresseur d’air : 5 000 à 20 000 €, selon la puissance et la distance au besoin.
- Une récupération sur groupe froid — désurchauffeur, condenseur, circuit de distribution : 15 000 à 80 000 €.
- Une rehausse par pompe à chaleur haute température : 150 000 à 600 000 € pour quelques centaines de kilowatts.
- Un stockage par batteries thermiques : fortement variable, de 30 000 à plusieurs centaines de milliers d’euros selon la capacité.
- Un raccordement à un réseau de chaleur : dominé par le génie civil, de quelques centaines à plus de mille euros par mètre linéaire.
À ces montants s’ajoute l’étude de dimensionnement, qu’aucune fiche ne finance et que toutes exigent. Sur un projet modeste, elle peut représenter le quart de la dépense ; sur un gros projet, elle devient marginale.
Les forfaits d’IND-UT-103
C’est la seule fiche du cluster à fonctionner au forfait par kilowatt. Deux paramètres décident : l’usage de la chaleur et le régime de fonctionnement du site.
La puissance retenue est la puissance thermique de l’échangeur, limitée dans tous les cas à la puissance électrique nominale du compresseur. En l’absence d’échangeur, le calcul retient directement cette puissance électrique.
L’écart entre le régime le plus faible et le plus élevé atteint le facteur sept sur la même machine. C’est le régime de fonctionnement du site, non la technique, qui décide du montant.
Les cinq formules des autres fiches
Elles calculent sur l’énergie réellement valorisée, établie par l’étude de dimensionnement.
Récupération sur groupe froid — BAT-TH-139 et AGRI-TH-104
M = D × 9,9 × Précupérée, où D est la durée annuelle d’utilisation de la chaleur récupérée en heures. Précupérée est plafonnée à deux fois la puissance électrique des compresseurs, moins la puissance déjà récupérée.
Rehausse par pompe à chaleur — IND-UT-137
Le volume vaut 10,986 × (Q − Eélec). Q est l’énergie thermique annuelle fournie en sortie du système, Eélec l’énergie électrique absorbée par les compresseurs et les auxiliaires. La prime récompense donc le gain net, pas la chaleur brute.
Conversion en électricité ou air comprimé — IND-UT-138
Le volume vaut 14,134 × D × (Précup × η − Pconso). Le terme η désigne le rendement brut estimé de la machine thermodynamique, Pconso la puissance absorbée par les auxiliaires.
Stockage — IND-UT-139
Le volume vaut 14,134 × η × C × Nc, où C est la capacité maximale de stockage en kWh et Nc le nombre annuel de cycles équivalents à pleine capacité. Un stockage peu cyclé ne rapporte rien, quelle que soit sa capacité.
Export vers un réseau ou un tiers — RES-CH-108
Le volume vaut simplement Q × 14,134, où Q est la chaleur nette annuelle valorisée en kWh, pertes du réseau déduites. C’est la formule la plus simple et la plus généreuse du cluster.
Tank à lait — AGRI-TH-105
Le volume vaut 0,138 kWh cumac par litre de lait, sur la production de l’année civile précédant l’engagement de l’opération.
Six exemples chiffrés
Les volumes appliquent les formules ci-dessus. Les euros restent indicatifs, le prix du certificat se négociant avec l’obligé.
Compresseur d’air de 75 kW, 3×8 sans arrêt, chaleur valorisée dans un procédé. Le calcul donne 43 100 × 75, soit 3 232 MWh cumac, de l’ordre de 16 200 à 29 100 € pour une dépense de 8 000 à 20 000 €.
Le même compresseur, chaleur valorisée en chauffage de locaux, zone H1, 2×8. Le calcul donne 15 900 × 75, soit 1 192 MWh cumac et 6 000 à 10 700 €. L’usage et le régime divisent la prime par près de trois.
Groupe froid tertiaire, 150 kW thermiques récupérés, 4 000 heures d’utilisation. Le calcul donne 4 000 × 9,9 × 150, soit 5 940 MWh cumac, de l’ordre de 29 700 à 53 500 €.
Rehausse par pompe à chaleur, 3 500 MWh de chaleur fournie, 1 000 MWh d’électricité absorbée. Le calcul donne 10,986 × 2 500 000, soit 27 465 MWh cumac, de l’ordre de 137 000 à 247 000 €.
Stockage de 2 000 kWh de capacité, rendement de 90 %, 300 cycles par an. Le calcul donne 14,134 × 0,9 × 2 000 × 300, soit 7 632 MWh cumac. Cela représente de l’ordre de 38 000 à 68 700 €.
Export de 8 GWh nets par an vers un réseau de chaleur. Le calcul donne 14,134 × 8 000 000, soit 113 072 MWh cumac, de l’ordre de 565 000 à 1 018 000 €.
Ce que ces exemples révèlent
L’export vers un réseau de chaleur écrase tout le reste, parce qu’il valorise un volume d’énergie et non une puissance. Le plafond de 12 GWh par an devient alors la limite économique du montage.
La récupération sur compresseur d’air offre le meilleur rapport sur les petits projets. La prime couvre la dépense, et le dossier reste léger.
La rehausse par pompe à chaleur ne couvre qu’une fraction du coût. Une prime de 137 000 à 247 000 € face à un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros améliore le plan de financement sans le porter.
Le stockage dépend du nombre de cycles, pas de la capacité. Deux projets de même capacité peuvent différer d’un facteur cinq selon leur cyclage annuel. Ce paramètre s’optimise donc au dimensionnement, puisqu’il pèse directement sur la prime.
La récupération sur tank à lait reste marginale. Une exploitation de 500 000 litres dégage environ 69 MWh cumac, soit 350 à 620 €. L’opération se justifie par l’économie d’eau chaude, pas par la prime.
Avant de demander un devis
Cinq données conditionnent toute estimation, et l’étude de dimensionnement les établit.
- La température de l’effluent et sa disponibilité annuelle en heures.
- La puissance thermique récupérable, gisement déjà récupéré déduit.
- La durée annuelle du besoin de chaleur à couvrir, et sa simultanéité avec le gisement.
- Le volume annuel valorisé, à comparer aux plafonds de 12 et 16 GWh.
- La puissance électrique des compresseurs, pour le plafond des fiches groupe froid.
La troisième donnée est la plus déterminante. Sur les formules à coefficient, la durée d’utilisation multiplie directement le résultat : passer de 2 000 à 6 000 heures triple la prime sans changer un équipement.
Les conditions et les pièces figurent sur la page éligibilité récupération de chaleur, et les cinq voies de valorisation sur la page prime CEE chaleur fatale.
Pour passer des kWh cumac aux euros, reportez-vous au calcul de la prime. Un récupérateur s’associe souvent à une subvention chaleur : les règles de cumul sont sur la page aides cumulables, et le rôle de chacun sur la page obligés CEE.
Les montages propres à un site de production sont traités sur la page chaleur fatale industrielle, et l’export vers un réseau sur la page valorisation vers un réseau de chaleur. Pour les autres gisements d’une usine, voir la page CEE industrie.
Sources
- Forfaits et formules : IND-UT-103, IND-UT-137 (A84-3), IND-UT-138 et IND-UT-139 (A73-2).
- Groupes de froid et tanks à lait : BAT-TH-139, AGRI-TH-104 et AGRI-TH-105.
- La fiche RES-CH-108 pour le coefficient appliqué à la chaleur nette valorisée.
Les volumes en kWh cumac viennent de ces textes, publiés par le ministère chargé de l’énergie et vérifiés sur Légifrance. Les coûts de récupérateur et la conversion en euros, eux, sont des repères de marché.