Prix d’un variateur de fréquence et montant de la prime
Le prix d’un variateur de fréquence se compte au kilowatt de puissance moteur, comme la prime. C’est le seul cluster du site où les deux grandeurs se comparent directement, ce qui rend l’arbitrage immédiat.
Le résultat varie du tout au tout selon l’application. Sur les usages les mieux dotés, la prime couvre la totalité de la dépense. Sur une climatisation tertiaire, elle en couvre moins d’un dixième.
Combien coûte un variateur
Comptez 150 à 400 € par kilowatt de puissance moteur, pose et paramétrage compris. Ces montants relèvent d’ordres de grandeur du marché : aucune fiche ne fixe de prix.
La fourchette est large parce qu’elle recouvre des situations différentes.
- La puissance : le coût au kilowatt décroît fortement avec la taille, un variateur de 100 kW coûtant proportionnellement moins qu’un 5 kW.
- L’environnement : une armoire existante avec de la place et une alimentation disponible réduit la dépense ; une armoire à reprendre l’augmente.
- Le filtrage : les contraintes de compatibilité électromagnétique et de longueur de câble peuvent imposer des filtres ou des selfs.
- Le paramétrage : une régulation par pression ou par débit demande plus de mise au point qu’une simple consigne de vitesse.
Un moto-variateur synchrone se situe sur une autre échelle, puisqu’il remplace le moteur. Son surcoût par rapport à un moteur asynchrone équivalent va couramment du simple au double.
Le calcul de la prime
La formule est la même pour les six fiches du cluster.
Montant en kWh cumac = forfait de l’application × puissance nominale du moteur, en kilowatts.
La puissance retenue est celle de la plaque signalétique du moteur, ou à défaut celle d’un document du fabricant. Ni la puissance absorbée, ni celle de la machine entraînée n’entrent dans le calcul.
Pour plusieurs moteurs de caractéristiques identiques, le calcul retient la somme de leurs puissances nominales, par type d’application.
Les forfaits en industrie — IND-UT-102
Les forfaits en tertiaire — BAT-TH-112
Les forfaits en agriculture — AGRI-UT-102
Les forfaits du moto-variateur — IND-UT-114
Les textes de BAT-EQ-123 et AGRI-UT-101, qui couvrent le moto-variateur en tertiaire et en agriculture, ne sont pas exploitables en ligne à ce jour. Nous n’en publions aucun forfait : ils se demandent à l’obligé.
Cinq exemples chiffrés
Chaque calcul multiplie un forfait par une puissance de plaque. Les euros dépendent ensuite du prix négocié du certificat.
Pompe industrielle de 75 kW, variation électronique de vitesse. Le calcul donne 12 400 × 75, soit 930 MWh cumac, de l’ordre de 4 700 à 8 400 € pour une dépense de 11 000 à 30 000 €.
Ventilateur de bâtiment d’élevage de 15 kW. Le calcul donne 19 600 × 15, soit 294 MWh cumac, de l’ordre de 1 500 à 2 600 € pour une dépense de 2 300 à 6 000 €. C’est le meilleur rapport du cluster.
Centrale de traitement d’air tertiaire, moteur de 22 kW. Le calcul donne 11 400 × 22, soit 251 MWh cumac, de l’ordre de 1 300 à 2 300 €.
Groupe de climatisation tertiaire de 45 kW. Le calcul donne 990 × 45, soit 45 MWh cumac, de l’ordre de 220 à 400 € pour une dépense de 7 000 à 18 000 €. La prime devient marginale.
Six pompes industrielles identiques de 30 kW. Les puissances se somment : 12 400 × 180, soit 2 232 MWh cumac, de l’ordre de 11 200 à 20 100 €.
Ce que ces exemples révèlent
Le rapport entre prime et dépense s’inverse selon l’application, pas selon la taille. Trois seuils résument la situation.
- Au-dessus de 11 000 kWh cumac par kilowatt — pompage et ventilation industriels, ventilateur d’élevage, centrale de traitement d’air tertiaire — la prime couvre l’essentiel de la dépense.
- Entre 3 000 et 11 000 — compresseur d’air, compresseur frigorifique, serres, chauffage tertiaire — elle en couvre une part significative.
- En dessous de 3 000 — climatisation, irrigation, autres usages — elle devient un appoint.
Sur les applications à fort forfait — ventilateur d’élevage, pompage, ventilation industrielle — la prime couvre entre la moitié et la totalité de la dépense. L’opération se décide sur le seul financement.
Sur les applications à faible forfait — climatisation, irrigation, autres usages tertiaires — la prime devient un appoint. La décision se prend alors sur le gain d’exploitation, qui reste réel mais doit être estimé au cas par cas.
Le cas du parc de moteurs identiques mérite d’être relevé. La sommation par application ne change pas le forfait, mais elle transforme un ensemble de petits dossiers en une opération unique, plus simple à porter et à négocier auprès d’un obligé.
Le cas du moto-variateur
La comparaison avec la variation de vitesse donne un résultat nuancé, et le surcoût doit entrer dans le calcul.
Sur un pompage industriel de 75 kW, le moto-variateur dégage 17 800 × 75, soit 1 335 MWh cumac — contre 930 pour une variation électronique de vitesse. L’écart de prime atteint 2 000 à 3 600 €.
Le surcoût d’un moto-variateur par rapport à un moteur asynchrone équipé dépasse pourtant souvent cet écart. L’arbitrage se joue donc ailleurs : sur le rendement de la machine, son encombrement, et le fait que le moteur soit ou non à remplacer de toute façon.
Sur un compresseur d’air, la comparaison s’inverse : 9 200 contre 11 900 kWh cumac par kilowatt. Ajouter un variateur à un moteur existant rapporte alors davantage que remplacer l’ensemble. Le détail figure sur la page moto-variateur synchrone.
Avant de demander un devis
Quatre données suffisent à chiffrer une opération, et elles se relèvent sans étude.
- La puissance nominale de chaque moteur, lue sur la plaque signalétique.
- L’application entraînée, dans les catégories de la fiche applicable.
- Le secteur : industrie, tertiaire ou agriculture.
- La présence d’un variateur existant, qui rendrait l’opération inéligible.
Les conditions et les pièces du dossier figurent sur la page éligibilité variateur de vitesse, et le panorama des six fiches sur la page prime CEE variateur de vitesse.
La page calcul de la prime explique le passage du kWh cumac à l’euro. La page obligés CEE décrit qui achète le certificat, et la page aides cumulables le cumul avec les autres financements.
Les cas sectoriels sont traités sur la page variateur en industrie et sur la page variateur sur CTA en tertiaire.
Sources
- Les fiches IND-UT-102, BAT-TH-112 et AGRI-UT-102 pour les quinze forfaits de la variation électronique de vitesse et la règle de sommation des moteurs identiques.
- La fiche IND-UT-114 pour les cinq forfaits du moto-variateur synchrone en industrie.
Ces quatre fiches sont publiées par le ministère chargé de l’énergie, et leur version applicable dépend des arrêtés parus sur Légifrance.
Aucun de ces textes ne fixe de prix d’installation. Les fourchettes en euros par kilowatt données ici relèvent du marché, et le prix du certificat se négocie au cas par cas.