Prix d’un brûleur industriel et montant de la prime
Le prix d’un brûleur industriel se compte au kilowatt de puissance thermique, comme la prime. Les deux grandeurs se comparent donc directement, mais leur rapport varie du tout au tout selon le four.
Deux paramètres multiplicatifs décident : la température des fumées et le régime de marche du site. Leur produit crée un écart de un à vingt entre deux projets identiques sur le papier.
Combien coûte l’opération
Ces montants relèvent d’ordres de grandeur du marché, qu’aucune fiche n’encadre.
- Un brûleur auto-récupérateur : 150 à 400 € par kilowatt de puissance thermique.
- Un brûleur régénératif : 300 à 700 € par kilowatt, la masse céramique et les vannes d’inversion pesant sur le prix.
- Un récupérateur de chaleur sur les fumées : 80 000 à 300 000 € selon la taille du four, reprise des brûleurs comprise.
- Un brûleur micro-modulant sur chaudière : 15 000 à 60 000 € selon la puissance, régulation d’oxygène incluse.
Deux postes s’ajoutent systématiquement au matériel sur un four, et ils sont rarement chiffrés d’emblée.
- L’arrêt de production, qui se compte en jours sur un four de fusion ou de cuisson.
- La reprise de la conduite du four, puisque le préchauffage d’air modifie la combustion et les réglages.
Le calcul de la prime
La formule d’IND-UT-118 comporte trois termes, ce qui la distingue de la plupart des fiches.
Montant en kWh cumac = forfait de la tranche de température × coefficient du régime de fonctionnement × somme des puissances thermiques nominales des brûleurs, en kilowatts.
Le coefficient multiplicateur du régime vaut 1 en 1×8, 2,2 en 2×8, 3 en 3×8 avec arrêt le week-end et 4,2 en 3×8 sans arrêt.
La base retenue est la somme des puissance thermique nominale de chaque brûleur neuf, ou de chaque brûleur transformé dans le cas d’un récupérateur sur fumées.
Les deux grilles de brûleurs neufs
Les forfaits du récupérateur sur fumées
Les forfaits du brûleur micro-modulant
Quatre exemples chiffrés
Chaque calcul applique successivement le forfait, le coefficient de régime et la puissance. Les euros restent indicatifs.
Four de traitement thermique à 900 °C, brûleurs auto-récupérateurs totalisant 800 kW, site en 2×8. Le calcul donne 2 500 × 2,2 × 800, soit 4 400 MWh cumac, de l’ordre de 22 000 à 39 600 € pour une dépense de 120 000 à 320 000 €.
Four de fusion à 1 300 °C, brûleurs régénératifs totalisant 1 200 kW, marche continue. Le calcul donne 7 800 × 4,2 × 1 200, soit 39 312 MWh cumac, de l’ordre de 196 000 à 354 000 €. La prime couvre alors l’essentiel du projet.
Le même four en 1×8. Le coefficient tombe à 1, soit 9 360 MWh cumac et 47 000 à 84 000 €. Le régime divise la prime par 4,2.
Récupérateur sur fumées, brûleurs transformés totalisant 900 kW, marche continue. Le calcul donne 4 300 × 900, soit 3 870 MWh cumac, de l’ordre de 19 000 à 35 000 €.
Ce que ces exemples révèlent
Le régime de marche pèse davantage que la technologie. Un auto-récupérateur en 3×8 continu rapporte plus qu’un régénératif en une équipe, à température égale.
C’est un constat rare dans le dispositif, où la performance du matériel décide en général du forfait. Ici l’usage l’emporte : la fiche rémunère les heures de combustion évitées, non la seule qualité du préchauffage d’air comburant.
Le régénératif se justifie sur les fours les plus chauds. Son surcoût, de l’ordre du double d’un auto-récupérateur, se rattrape par un forfait supérieur de 40 % et par un rendement de préchauffage plus élevé.
Le récupérateur sur fumées reste une solution de rattrapage. Son forfait, indépendant de la température, le rend moins intéressant sur un four à très haute température — mais il évite le remplacement complet des brûleurs, même s’il impose leur modification.
Le brûleur micro-modulant joue dans une autre catégorie. Sur une chaudière de 2 MW en marche continue, le calcul donne 4 600 MWh cumac, soit 23 000 à 41 400 €. La dépense reste bien plus modeste que sur un four.
Le seuil de rentabilité, four par four
Trois configurations se distinguent nettement une fois les calculs faits.
Sur un four à très haute température en marche continue — fusion, verrerie, cuisson céramique — la prime couvre une part majeure du projet. Le remplacement des brûleurs se décide alors presque sur le seul financement, et l’arrêt de production devient le véritable arbitrage.
Sur un four chaud en deux équipes, la prime couvre entre un dixième et un quart de la dépense. Elle améliore le dossier sans le porter, et la décision revient au gain de combustible attendu.
Sur un four en limite de seuil, en une équipe, la prime devient marginale. À 650 °C et en 1×8, un auto-récupérateur vaut 1 600 kWh cumac par kilowatt, soit environ 8 € par kilowatt de prime pour une dépense de 150 à 400 € par kilowatt.
Ce dernier cas mérite d’être posé sans détour auprès de l’exploitant : l’opération reste techniquement pertinente, mais son financement par les certificats ne changera pas la décision.
Avant de demander un devis
Quatre données suffisent à estimer la prime, et la première conditionne tout.
- La température des fumées à la sortie du four, mesurée sur un point stabilisé.
- Le combustible : gaz naturel, sans quoi la fiche ne s’applique pas.
- La somme des puissances thermiques nominales des brûleurs concernés.
- Le régime de marche du site, qui multiplie le résultat par un à 4,2.
Une mesure de température sérieuse vaut donc plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un gros four : elle décide de la tranche, et l’écart entre deux tranches atteint 50 %.
Les conditions et les pièces figurent sur la page éligibilité IND-UT-118. Le panorama des deux fiches est présenté sur la page prime CEE four industriel, et le cas des chaudières sur la page brûleur micro-modulant.
Trois autres pages complètent le chiffrage d’un projet de four.
- La page calcul de la prime pour le passage du volume de certificats au montant en euros.
- La page prime CEE chaleur fatale pour les fumées qui sortent sous 600 °C.
- La page CEE industrie pour les autres opérations d’un site de production.
Le rôle de chaque acteur du dossier est décrit sur la page obligés CEE, et l’ensemble des opérations traitées ici sur la page solutions CEE.
Sources
Les trois grilles d’IND-UT-118 — auto-récupérateur, régénératif, récupérateur sur fumées — ainsi que les coefficients de régime et les bases de calcul proviennent du texte de la fiche. Les quatre forfaits du brûleur micro-modulant proviennent de la fiche IND-UT-105.
Ces deux textes sont publiés par le ministère chargé de l’énergie ; leur version applicable dépend des arrêtés parus sur Légifrance.
Les prix d’installation et les montants en euros ne figurent dans aucune fiche : ce sont des ordres de grandeur de marché, et le prix du certificat se négocie avec l’obligé.